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    A picture of Expo 2020's Oppportunity District at night
    calendar 4 nov. 2020

    Où allons-nous ? Les villes intelligentes et les habitats durables de demain

    La deuxième et dernière journée de la troisième semaine thématique en amont de l’Expo 2020 Dubai a réuni de nombreux membres de la famille de l’Expo. Les participants se sont rassemblés pour partager des solutions ayant déjà un impact positif sur les villes et les communautés aux quatre coins de la planète, ainsi que des idées et des points de vue innovants pour un avenir offrant des opportunités à tous

    Organisée en collaboration avec le Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) et Siemens, partenaire privilégié numérisation de l’infrastructure de l’Expo, la Semaine du développement urbain et rural visait à trouver des solutions pour permettre à la population mondiale de vivre et de se développer en harmonie avec la planète.

    TEMPS FORTS DU JOUR 2

    World Majlis : Pensés pour les habitants – Créer des espaces publics agréables et conviviaux : La table ronde finale du programme de mardi a donné lieu à des échanges animés sur l’importance de l’évolution des espaces publics dans nos zones urbaines. Des agoras de la Grèce antique au High Line Park de New York, l’espace public a toujours été le reflet des sociétés. Il est le théâtre d’une multitude d’interactions, de la politique au commerce en passant par les échanges sociaux. Les lieux emblématiques de nos villes historiques et de nombreuses villes modernes forment les points centraux des zones urbaines et leur popularité est toujours restée intacte.

    Le Dr Robert Platt, vice-président de l’expérience des visiteurs à l’Expo 2020 Dubai, a expliqué : « Les espaces publics ne se définissent pas simplement par leurs environnements, qu’ils soient physiques ou virtuels, mais surtout par les activités et les événements qu’ils accueillent et par les opportunités d’interaction communautaire qu’ils offrent. Cependant, seuls les espaces totalement inclusifs et publics peuvent présenter de manière durable les qualités qui répondent au désir humain d’interaction sociale. Ce sont ces lieux qui résistent à l’épreuve du temps. »

    Franco Atassi, PDG de Siemens Smart Infrastructure Moyen-Orient
    , a ajouté : « Dans le domaine des villes intelligentes, « intelligent » signifie « à l’écoute ». Il faut écouter les habitants, les concepteurs et les parties prenantes afin de tenir compte de leurs intentions et de leurs envies. Nous pouvons ensuite concevoir des technologies numériques innovantes pour leur permettre de réaliser leurs objectifs. Mais ce n’est pas tout. En cinq ans, une nouvelle tendance peut surgir. Alors, faut-il construire des espaces qui dureront cinq à dix ans, ou des espaces capables de s’adapter à des décennies d’utilisation ? La flexibilité est au cœur de notre travail. Nous devons définir les objectifs à atteindre pour ensuite concevoir les technologies appropriées. C’est exactement ce que nous faisons dans les villes intelligentes du monde entier, et en particulier pour l’Expo 2020 Dubai. »

    Vilma Jurkute, directrice d’Alserkal Avenue, a continué : « Les jeunes me disent très souvent qu’ils ont besoin d’un lieu où ils peuvent se promener et se perdre. Un lieu où ils peuvent faire des erreurs, où ils ont le sentiment de pouvoir laisser s’exprimer leurs esprits créatifs, où ils ne se sentent pas gênés par un cadre trop parfait. Nous devons peut-être accorder plus d’importance à cet aspect et laisser libre cours à la vie dans certains de nos espaces publics. »

    Amin Gafaranga, fondateur d’Atelier, a dit : « Nous devons placer les habitants et leurs besoins au cœur de nos priorités. Aujourd’hui, les besoins ne sont plus simplement physiques. D’un côté, il y a le confort et la sécurité. De l’autre, il y a la curiosité. Nous voulons être émerveillés. Nous voulons être surpris, nous voulons découvrir des choses de manière impromptue. Alors, comment équilibrer ces deux aspects ? Si nous construisons quelque chose de trop imprévisible, les gens ont le sentiment que c’est surfait. Mais si nous essayons en même temps d’y intégrer toutes les règles de sécurité, en fonction du passé culturel de chacun, nous tombons dans la surconception. Lorsque l’empathie naît entre deux personnes, chacune peut voir un petit morceau de l’autre, mais on laisse aussi de la place à l’émerveillement. La découverte de l’autre devient encore plus intéressante lorsqu’on découvre un point d’interrogation plutôt qu’un point d’exclamation. »

    Le Dr Jennifer Camulli, responsable des personnes ayant des besoins spéciaux en matière d’accessibilité à l’Expo 2020 Dubai, a affirmé : « Toutes les discussions sur le développement urbain et rural doivent être axées autour d’un thème commun, qui est la nécessité de respecter les Objectifs de développement durable, visant à réduire la pauvreté et les inégalités tout en encourageant la durabilité. La notion de la durabilité, comme celle de l’accessibilité, est mal comprise. L’accessibilité est souvent réduite à un trottoir abaissé ou à une rampe pour fauteuil roulant, alors qu’il s’agit en réalité d’un sujet beaucoup plus large. La durabilité, quant à elle, ne concerne pas uniquement l’environnement. Qu’est-ce que la durabilité ? La durabilité, c’est exister de manière durable, en continuant à nous perpétuer. Les Objectifs de développement durable sont essentiels dans toutes les notions du développement urbain et rural, afin d’aligner les besoins des habitants avec tous ces points de vue. Sans cela, nous mettons différentes communautés de côté. »

    Asif Khan MBE, architecte et designer au Royaume-Uni, a affirmé : « Nos espaces publics sont, sous leur meilleure forme, le reflet de nos espaces privés. À une autre échelle et avec des acteurs différents, certes, mais ils répliquent nos relations privées. Leur particularité est de répondre aux besoins de toutes les générations qui peuplent la ville. Chaque habitant, des enfants aux octogénaires, se sent bienvenu dans ces lieux. En vivant ensemble, nous pouvons créer un environnement accueillant pour ces personnes et pour les différentes activités qu’elles veulent y pratiquer, pour faire naître la magie dans ces lieux… La recette simple pour créer un bon espace public consiste à bâtir un environnement sécurisé et confortable dans lequel les gens ont envie de vivre. Alors, la société sait ce qu’elle doit faire quand ces ingrédients sont réunis. »

    Actualités de la famille de l’Expo : Les participants internationaux et fournisseurs officiels ont inspiré le public avec des solutions créatives pour venir en aide de manière durable aux populations en pleine croissance. Le public a notamment pu découvrir NEOM, un projet de construction d’une région entière en Arabie saoudite qui servirait de laboratoire vivant et qui offrirait des conditions de vie exceptionnelles ; une étude de cas sur les plateformes numériques utilisées pour soutenir la conception de villes sans carbone en cours de déploiement à Lisbonne, au Portugal ; un aperçu de Ljubljana, la capitale de la Slovénie, élue Capitale verte de l’Europe en 2016 ; et une étude de cas sur une ville « suffisamment intelligente », durable et inclusive en Thaïlande, qui accueille tous les citoyens et dont le modèle pourrait s’appliquer dans d’autres villes secondaires à travers le monde. 

    Antoni Vives, responsable du développement urbain de NEOM, a déclaré : « Comment construire un lieu qui s’adresse à tous et capable de modifier le cours des choses ? NEOM est le lieu parfait pour parvenir à cela et pour comprendre quels ingrédients nous devons utiliser pour faire prospérer une communauté dans un lieu aussi agréable à vivre que possible. C’est un moteur pour le progrès de l’humanité, à une époque où nous devons faire face avec audace à des défis majeurs. Si nous y parvenons, nous changerons le monde. »

    Le Dr Paulo Ferrão, professeur à l’Instituto Superior Técnico de l’université de Lisbonne, a ajouté : « Nous concentrons nos efforts sur le développement des jumeaux numériques des villes afin de concevoir des villes sans carbone. Actuellement, la comptabilité carbone dans les villes repose sur les émissions liées à la production. Pourtant, la croissance rapide de la consommation urbaine est un facteur clé du changement climatique et des émissions carbone. Alors que l’Europe se prépare à devenir le premier continent affichant un bilan carbone neutre d’ici 2050, il est essentiel d’adopter une approche basée sur la consommation. »

    L’ambassadrice Carmen Gisela Vergara, directrice exécutive de PROPANAMA, a ajouté : « Nous essayons d’aider la population rurale à se connecter avec la première ville du pays, Panama, et avec les routes maritimes desservies par ses ports. Nos projets incluent l’amélioration des infrastructures de transport telles que les routes, les ports et les ponts, pour offrir un meilleur accès aux communautés isolées et stimuler le potentiel touristique des zones rurales. »

    Andrej Kotar, directeur du comité du programme de partenariat d’innovation et de recherche stratégique – Smart Cities & Communities
    , a continué : "En Slovénie, nous sommes unis derrière une volonté nationale de stimuler la transformation numérique des villes, des communautés et des villages pour atteindre une société plus durable et plus intelligente. Cette ambition commune a donné lieu à une coopération solide entre différents acteurs, dont des représentants gouvernementaux locaux et nationaux, le public général, des entreprises, des universités, des établissements de recherche et des ONG. Grâce à cet engouement, la Slovénie est en passe de devenir une référence en matière de société intelligente."

    Le Dr Passakon Prathombutr, vice-président exécutif et directeur technique de l’Agence de promotion de l’économie numérique (DEPA)
    , a déclaré : « L’idée d’une ville intelligente reposant sur des technologies de pointe peut s’avérer le concept idéal pour les grandes villes des sociétés modernes. Mais nous avons également constaté l’émergence d’un autre modèle plus équilibré, celui d’une ville « suffisamment intelligente » qui répond mieux aux besoins d’un grand nombre de villes secondaires à travers le monde. Une ville « suffisamment intelligente » est une ville qui doit être construite pour accueillir tout le monde. C’est un foyer conçu pour le bien de tous ses citoyens, qui ne laisse personne sur la touche, grâce à une relation de synergie entre trois éléments : la technologie, la société et les citoyens, et les urbanistes. En adoptant cette approche, nous pouvons trouver des solutions suffisamment intelligentes pour résoudre directement les problèmes de chaque groupe de citoyens. »

    Gros plan sur ONU-Habitat – Dernière ligne droite dans l’amélioration des bidonvilles et des habitats informels : Une personne sur huit vit dans un bidonville ou un habitat informel et ce chiffre ne cesse d’augmenter, tout comme l’écart qui sépare les pauvres et les riches. Nous devons agir maintenant pour endiguer les inégalités et la pauvreté. Organisée par ONU-Habitat, cette séance a permis de mettre en avant des solutions déjà appliquées dans des bidonvilles et des quartiers informels de différentes régions du monde en vue d’améliorer les services de base, les espaces publics et la mobilité de leurs habitants.
    Mai Flor, directrice exécutive de WaterLinks, a dit : « En Asie, 30 % des 4,5 milliards d’habitants font toujours face à des pénuries d’eau et au moins 1,5 milliard d’entre eux n’ont pas accès à un système d’assainissement sûr. 70 millions de personnes pratiquent encore la défécation en plein air et 80 % des eaux usées ne sont pas traitées. L’Asie représente deux tiers de la population mondiale et nous avons beaucoup de travail à accomplir dans ce domaine… Avec l’aide de différentes organisations comme l’ONU, l’USAID ou encore la Banque asiatique de développement, nous avons pu développer 80 partenariats visant à améliorer et développer l’accès aux services liés à l’eau pour pas moins de 1,5 milliard d’utilisateurs. »

    Salma Mousallem, directeur du programme de mobilité d’ONU-Habitat Égypte, s’est exprimé : « Nous avons besoin d’un changement de paradigme au sein du secteur de la mobilité. Nous devons arrêter de parler des transports pour nous concentrer sur l’accessibilité. Les responsables de la planification des transports traditionnelle se demandent typiquement comment relier un quartier A à un quartier B… Mais comment faire si l’un de ces quartiers est un quartier informel ? De nombreuses autres questions se posent, par exemple pour savoir qui vit ici, quels sont les moyens des habitants, si les services fonctionneront quand ils en auront besoin, ou encore si leurs cultures et leurs modes de vie seront respectés. En se concentrant sur l’accessibilité dès le départ, lors de la planification des différents concepts de mobilité, et en s’intéressant au croisement entre les transports et les politiques urbaines et sociales, on peut commencer à favoriser l’intégration. Cela permet de développer des outils que les habitants des quartiers informels peuvent réellement utiliser et qui répondent à leurs besoins. »

    Andrea Panizzo, cofondateur d’EVA Studio, un cabinet de recherche et de design basé à Londres, à Haïti et au Liban, a pris la parole : « J’aime voir l’espace public comme la colonne vertébrale de nos villes. Parfois, les espaces publics sont considérés comme un luxe, un bel environnement agréable à avoir dans un quartier informel. Pourtant, c’est une priorité urgente dans tous les contextes urbains, en particulier dans les quartiers en forte croissance, qui sont marginalisés et dans lesquels la densité de population est très élevée. L’espace privé est prédominant et l’espace public est réduit aux zones strictement nécessaires pour la circulation. Dans ce contexte informel, tout espace urbain disponible, associé à une conception appropriée, peut faire la différence. »

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